ESS : Allier la limite et l’horizon.

Rencontre avec Sylvie MAYER, spécialiste de l’Economie Sociale et Solidaire

Si les racines de l’Économie Sociale et Solidaire sont anciennes – on les trouve dans la plupart des communautés sous des formes multiples – le mouvement actuel démontre une explosion des pratiques économiques solidaires dans le monde entier. Il vise une transformation systémique, au service des gens et de la planète, allant au-delà d’un changement libéral où demeureraient intactes les racines structurelles de l’oppression et les enjeux fondamentaux.

Mouvement global, alternative à l’économie de marché du capitalisme, citoyenne et en pleine croissance, l’ESS est basée sur des initiatives enracinées dans le local tout en faisant partie de réseaux plus globaux, dans un cadre qui associe l’autodétermination, la solidarité, l’équité, les droits, la mutualité, la coopération, l’humain et la Terre.

Avec la doctrine « une personne, une voix » s’ouvre un champ d’action et de réflexion où on constatera que « du communisme est manifestement déjà là ! ».

Faire émerger les proximités qui s’ignorent, dissiper les préjugés qui séparent, bref, savoir si un concept communiste de l’ESS compatible est possible, c’est le but du Manifeste qu’ont publié en 2020 Sylvie Mayer et son équipe de militants et de spécialistes.

Pour continuer l’aventure humaine, laisser le regard ouvert à l’imaginaire, garder une planète toujours vivable, quels chemins emprunter, quelles issues trouver ?

Hommage à Axel Kahn

« Je lutte contre le cancer et il se trouve que la patrouille m’a rattrapé : moi aussi, j’ai un cancer. Par conséquent, je vais mener deux combats : un qui est personnel, totalement personnel, que je vais mener seul. Mais puisqu’il me reste un peu de temps, je vais essayer d’optimiser ce temps qu’il me reste. »

Axel Kahn referme la porte,

Simplement, doucement, sans crainte aucune, il prend congé du monde, qui est aussi le nôtre,

Peut-être la peau est-elle un peu plus tirée, les lèvres un peu plus amincies, qui cisèlent la parole,

Les mots sont chaleureux, la voix reste assurée, le regard pétille d’avoir aimé les siens, d’avoir fait son devoir, d’avoir contemplé en marcheur ébloui la nature et les hommes.

L’Huma-café® l’avait invité en février 2015, délaissant l’homme de science au profit du témoin d’humanité,

Il avait fallu refuser du monde.

Conteur, poète inspiré, drôle et grave à la fois, il avait dit sa croyance reconnaissante dans les qualités des hommes qui puisent leur sève dans leur territoire, il avait dit ces rencontres au coin d’un champ, ces échanges et ces partages simples, dont il faut parfois ouvrir le silence qui les dissimule, par pudeur,

Il avait dit sa foi en un humanisme rénové.

Parce qu’au-delà du point d’étape, au-delà du tournant, au-delà de la colline ou du col, parce qu’au-delà de l’horizon, il y a encore et il y aura toujours quelque chose à découvrir, pour en tirer de l’énergie, pour ne pas baisser les bras, pour s’en émerveiller,

Parce que la vie vaut la peine d’être vécue,

Chapeau l’ami !

JPL

Lettre aux Amis et aux soutiens

Chers amis,

Une fois de plus, le Lieu Unique nous demande d’annuler notre prochain Huma-Café®. La rencontre prévue avec Sandra Federici le 16/04/21 autour de la bande-dessinée africaine n’aura pas lieu. Et la suite semble bien compromise.

Depuis septembre, nous n’aurons pu organiser qu’une seule vraie rencontre, avec l’écrivain François Bégaudeau, et une rencontre virtuelle avec la réalisatrice Ulli Gladik, en partenariat avec l’Université de Nantes.

L’activité de l’Huma-Café® est donc fortement pénalisée par la crise sanitaire, comme le sont toutes les activités culturelles. Au moins, nous, nous sommes bénévoles. Nous n’avons pas à supporter les conséquences dramatiques que connaissent les acteurs culturels dont le métier est à l’arrêt.

La vie de l’association continue malgré tout. Notre assemblée générale du mois de mars a approuvé nos bilans moral et financier et reconduit le bureau dans ses fonctions. Nous restons en lien avec le LU et suivons l’évolution de la situation de près. Nos prochains numéros sont prêts… Il ne manque plus qu’un monde où ils seront possibles ! Françoise Vergès, par exemple, nous assure de sa volonté de venir nous parler de féminisme décolonial, même si les deux premières tentatives ont échoué.

Nous tenons à remercier toutes celles et ceux qui ont adhéré à l’association cette année et qui continuent donc à nous soutenir, même si nous ne pouvons guère offrir ce que l’adhésion implique d’habitude en retour. Merci de votre soutien inconditionnel. Nous y voyons un encouragement à ne rien lâcher, à ne pas perdre espoir, à continuer tout simplement. Plus que jamais, le contexte dans lequel nous sommes appelle la réflexion et les échanges ; plus que jamais, la direction que nous font prendre les responsables politiques doit être interrogée. Nous avons hâte de réouvrir notre tribune à d’autres discours, d’autres problématiques, d’autres solutions.

Patience, donc ! Mais vivement la suite !

Bien amicalement,

Le Bureau de L’Huma-café®

La culture en crise ?

Huma-café® numéro 139 vendredi 16 octobre 2020, à 18h, au Lieu Unique. Rencontre avec François Bégaudeau, auteur et réalisateur.

Après des mois d’un silence imposé par la crise sanitaire, silence accompagné de diverses mesures de distanciation physique, L’Huma-café® fait sa rentrée, bien décidé à donner de la voix.

En mars, il nous a fallu interrompre le programme préparé pour la fin de la saison, puis, à la demande du Lieu Unique, reporter à octobre notre rencontre de rentrée. Il est inutile d’insister sur le sentiment de vide que ce mutisme forcé a engendré.

Nous vivons une période faite d’incertitudes, de messages contradictoires à tous les étages, d’ordres et de contre-ordres, où l’état d’urgence, contre la démocratie citoyenne, reste le lot quotidien. Or, le débat d’idées ne peut connaître de gestes barrière !

Il est plus que temps pour l’Huma-café® de reprendre l’initiative, de retrouver son rôle questionnant, de redonner au débat d’idées toute sa place, d’inviter enfin son public à ses rendez-vous mensuels avec des intervenants choisis pour leur parole forte et combative.

Nous vous convions donc à nos trois prochaines rencontres, en espérant vivement que les mesures restrictives du moment nous laissent les mener à bien…

Dans son discours au monde de la culture du 6 mai, Emmanuel Macron invitait les acteurs culturels à «enfourcher le tigre», comme il invitait les chômeurs à «traverser la rue». Le message est clair : «Débrouillez-vous ! Inventez de nouvelles interactions avec le public, etc.». Dans cette même logique, à la sortie du confinement, si les emplois liés à l’industrie de la culture ont pu bénéficier rapidement des aides d’état, notamment dans la vente, il a fallu, côté création, que les intermittents se rappellent au souvenir des décideurs qui les passaient allègrement à la trappe. Quant aux auteurs, pour eux rien n’est prévu. Que faut-il penser de cette réduction du regard politique sur la culture aux seuls aspects économiques ?

Quelles sont les solutions collectives à construire pour faire de cette invitation à la liberté de création une réalité féconde plutôt qu’un jeu de massacre des plus fragiles ? Nous en débattrons avec François Bégaudeau, dont le documentaire Autonomes sera tout juste sorti dans les salles.

Relançons le débat démocratique !

« On ne peut penser à tout le monde sans penser le tout du monde : haut, pour le voir tout entier ; loin, en avant, en arrière, pour le voir en son mouvement » (Michel VERRET)

140ème Huma-café®

La Culture en crise ?

Vendredi 16.10.20

avec François Bégaudeau

141ème Huma-café®

Inland (projection-débat)

Vendredi 20.11.20

avec Ulli Gladik

réalisatrice autrichienne

142ème Huma-café®

Quelle place pour le soin dans l’hôpital de l’après-covid ?

Vendredi 11.12.20

avec Philippe Bizouarn

au Lieu Unique à 18h

À partir d’octobre, de nouveaux invités viendront à nouveau à notre tribune, après une interruption de sept mois, après qu’une pandémie, monstrueuse par son ampleur et ses effets, s’est étendue sur le monde entier. Ils seront prêts à participer à nouveau à ce moment d’échange, à cet outil de réflexion et d’éclairage du citoyen qu’est l’Huma-café®. Mais qu’est-ce qui aura changé entre temps et comment l’Huma-café® saura-t-il répondre à cette situation inédite ? Nous le savons aujourd’hui, l’existence même de notre comité local des Amis de l’Humanité est plus que jamais nécessaire. Alors restons nombreux, actifs, solidaires et fraternels ! Résistons et imaginons ! Car la course à la domination financière, économique, culturelle, ne s’est pas arrêtée, elle s’accélère même. Il va falloir répondre.

Nul besoin d’être prophète pour voir que le vieux monde revient au galop. Pire encore, il s’apprête à reprendre le sinistre conseil de Maurice Barrès : « la première condition de la paix sociale, c’est que les pauvres aient le sentiment de leur impuissance ». Une fois de plus, ce sont les plus faibles qui seront touchés, ceux que la pauvreté, le non accès à l’éducation, à l’eau potable, au droit à la santé, au libre choix de vie, à un revenu et à un logement décents fragilisent encore davantage. Un humain sur deux est menacé par la misère. Le capitalisme financier, même paré les habits du « care », veille à garantir et augmenter ses intérêts, tout en exaspérant ses travers, comme le pillage des ressources naturelles. Les traités internationaux capitalistes menottent les économies et les initiatives locales et lient les nations aux dogmes libéraux ; les Gafam anesthésient la réflexion individuelle et s’offrent toujours davantage à gouverner le monde au profit des 1% les plus riches. À cette logique de l’aggravation des inégalités, il faut opposer les solutions solidaires, rappeler les alternatives de l’économie durable. L’Huma-café® continuera de porter la voix de ceux pour qui un autre partage des richesses est nécessaire, de ceux pour qui la dignité n’est pas affaire de compte en banque mais d’humanité, de ceux qui proclament comme Victor Hugo : « Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. Remarquez- le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire ».

L’état d’urgence a été le prétexte à de nombreuses régressions sociales et à des restrictions de nos libertés. Ce pourrait être un biais efficace à la mise au pas de la démocratie, au silence imposé aux voix dissonantes, à l’omniprésence de la pensée unique. La « distanciation sociale » (superbe lapsus !) n’a-t-elle pas été l’alpha et l’oméga d’un événement autant inédit que sidérant ? La Santé et la Protection Sociale, l’Education et la Formation, la Culture et la Création, l’Emploi, le Droit au Travail et le Droit du Travail, les Libertés collectives et les Libertés individuelles, une Justice plus humaine, la Coopération internationale, l’Écologie, bref tout ce qui fait, chez nous, l’EN COMMUN, ce mélange d’acquis glorieux, de conquêtes âprement disputées et de futurs en gestation, a déjà été remis en cause, grignoté, attaqué par les flancs, mis en jachère, dévalorisé, méprisé, soumis au chantage, menacé de destruction, sapé sur ses bases, privé de ses moyens vitaux, détourné de ses orientations. Mais il résiste toujours. Il nous faudra dire ce que nous avons perdu pour tenter de le reconquérir. De ce point de vue, il ne s’agit donc pas simplement de reprendre nos activités, mais bien de faire aussi le compte de ce qui a été dérobé dans le Grand Confinement et qui concerne notre volonté de vivre ensemble, loin de la guerre sociale menée aujourd’hui avec le plus grand cynisme.

Et si le « monde à l’envers du confinement » était porteur d’un possible retournement des valeurs ? Et si les rênes passaient enfin à d’autres mains ? Et si la qualité humaine changeait de camp, passant de la richesse de l’avoir singulier des maîtres du monde financier, surfant « sur les eaux glacées de l’égoïsme », à celle de l’être relationnel qu’est l’humanité toute entière ?

Que chacun mesure la place qui lui revient dans le débat : serions-nous incapables de promouvoir de nouveaux modes de pensée, d’organisation, de responsabilité ? Et d’imaginer que notre fragilité partagée est un atout de solidarité ?

Parce que nous sommes tous divers, mettons en commun nos intelligences !

L’Huma-café®, antenne locale de La société des Amis de L’Humanité, est impatient de rouvrir ses portes, d’accueillir à nouveau le public et de relancer les débats !

Solidarité, solidité, fraternité

 En basculant dans un inédit quotidien, où les peurs se mêlent à l’esprit d’humanité, notre pays traverse le meilleur comme le pire. En ce moment si particulier pour votre vie, attachés que nous sommes à nos valeurs communes si précieuses, nous adressons à chacune et chacun d’entre vous nos pensées les plus solidaires. Surtout, nous espérons que vous affrontez cette épreuve dans les meilleures conditions. Pour le dire clairement : nous pensons à vous très fort, à vos familles, à vos proches et à tous ceux que vous aimez.

 Quand nos existences se confrontent à une crise sanitaire d’une ampleur capitale, il arrive que le vivre-ensemble soit mis à l’épreuve et subisse des choix qui bousculent nos certitudes et ouvrent des interrogations inédites sur les éventuelles conséquences. Mais d’abord et avant tout, face à ces circonstances historiques, il nous était impossible de ne pas nous adresser à vous.

 Plus que jamais, restons en contact !

 Les Amis de l’Humanité sont une grande famille, faite de camaraderie et de fraternité – au plus haut sens de l’expression. Vous vous en doutez, la direction des Amis est également confinée, pour le bien de tous, seule barrière pour éviter la propagation de la pandémie. Nous procédons différemment, nous échangeons chaque jour par mail, au téléphone, par tous les moyens de communication existants. Nous regorgeons de projets, nous fourmillons d’idées, nous préparons la prochaine Fête de l’Humanité. Bref, nous sommes sur le pont…

 Pour ce qui concerne le journal lui-même, qui subit de nouvelles heures difficiles, nos équipes de journalistes travaillent d’arrache-pied avec les lourdes contraintes du confinement. Comme le disait à nos lecteurs Patrick Le Hyaric, « ils déploient des trésors de courage et d’inventivité » pour vous apporter des informations fiables, documentées, des analyses, des points de vue, « pour donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde ».L’ H u m a n i t é continue de combattre les régressions sociales et démocratiques qu’organise le pouvoir à la faveur des événements. Du fait des problèmes d’acheminement de nos titres (kiosques, La Poste, etc.), Patrick Le Hyaric a d’ailleurs pris la décision d’offrir un abonnement numérique à tous les abonnés. Celles et ceux qui achetaient leurs journaux dans une maison de presse ou en kiosque peuvent accéder à un abonnement temporaire. Tousceux qui le souhaitent peuvent ainsi lire l’Humanité chaque soir à partir de 22 heures en version numérique, en se rendant sur « humanite.fr/numerique ». Il en est de même concernant l’Humanité-Dimanche, qui est à votre disposition dès le mercredi soir.

 Déjà, le monde de demain doit se préparer, avec sérieux et gravité. Ce fameux « jour d’après » est déjà là, en quelque sorte, dans les comportements et les décisions adoptés aujourd’hui. Et avec vous toutes et tous, imaginons aussi l’à-venir des Amis de l’Humanité. Nous sommes là, à vos côtés, et nous savons que la réciproque est vraie. En ces jours compliqués, mobilisons toute notre fraternité, avec cœur et esprit.

Prenez bien soin de vous.

Ernest Pignon-Ernest, président

Charles Silvestre, vice-président

Jean-Emmanuel Ducoin, secrétaire national

Jean-Yves Flaux, secrétaire national adjoint

et toute l’équipe du bureau national

http://www.amis-humanite.fr

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« Un féminisme décolonial »

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 139 vendredi 20 mars 2020, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Françoise Vergès, politologue.

francoise-vergesPourquoi le terme « féministe » est-il librement approprié à la fois par l’extrême droite, la gauche et le capitalisme néolibéral ? Comment mettre l’antiracisme, l’anticapitalisme et l’anti-impérialisme au cœur des luttes des femmes ? Que signifient les droits des femmes dans un contexte d’accroissement des inégalités et de la vulnérabilité ?

Deux récits médiatiques dominent l’histoire du mouvement des femmes des années 1970 en France. L’un aurait mené à une reconnaissance de la place des femmes françaises dans la république, avec ses valeurs de laïcité et d’égalité. L’autre dénonce un mouvement exclusivement « blanc », essentiellement intéressé par la liberté sexuelle, passant sous silence les féminismes radicaux et anti-coloniaux, antiracistes et anti-impérialistes des années 1970, et faisant de l’intégration des femmes dans le monde du travail la mesure du progrès. Or, les luttes des femmes des sociétés post-coloniales françaises rejoignent les luttes des femmes esclavagisées et colonisées, et les grèves d’ouvrières racisées qui font le ménage dans les hôtels ou dans les gares, ces dernières années, appellent de nouvelles analyses féministes de la question du travail « féminin ».

Après une année de puissante colère, où en est l’Algérie ?

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 138 vendredi 14 février 2020, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Rosa Moussaoui, grand reporter à L’Humanité.

« Alors que le Hirak doit souffler le 22 février prochain sa première bougie, le mouvement de contestation confirme son ancrage en Algérie, après l’élection présidentielle largement boycottée qui a porté Abdelmadjid Tebboune au pouvoir. Vendredi, encore, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues des grandes villes du pays, exigeant toujours le démantèlement du « système », la primauté du pouvoir civil sur le pouvoir militaire, la libération de tous les détenus politiques et d’opinion.

Par-delà l’exigence démocratique et la colère contre la corruption et la dilapidation des ressources du pays, le mouvement populaire cultive aussi une dimension sociale centrale : il est porté par la jeunesse des classes populaires qui exige du travail, des services publics, une vie digne… »

rosa moussaouiRosa Moussaoui, grand reporter à L’Humanité, viendra nous donner quelques clés et répondre à nos questions sur ce sujet brûlant, notamment sur le désir de « seconde indépendance », formule qui met en évidence le parallèle que peuvent vivre en ce moment les populations algériennes d’avec celles que les générations précédentes ont vécues sous domination française.

 

« Charlie Hebdo : Cinq ans après… »

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 137 vendredi 17 janvier 2020, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Quentin faucompré, auteur et éditeur, et Loïc Sécheresse, auteur bd et illustrateur pour la presse.

L’humour est-il devenu un sport de combat ? Cinq ans après les attentats contre Charlie Hebdo, cinq ans après les douze meurtres et les onze blessés, peut-on analyser ce qui a changé dans l’expression et la réception de la satire, de la critique humoristique des pouvoirs ? Les journaux iconoclastes paraissent encore, les caricatures circulent encore dans l’espace public, l’insoumission demeure visible. Mais le monde dans lequel cette critique s’exprime a-t-il encore le sens de l’humour ? La violence gagne dans les réponses actuelles à toutes les formes de contestation sociale. On arrête par exemple des manifestants brandissant un homard géant après l’affaire de Rugy… mais on ne peut décemment pas interdire aux affichettes « Où est Steve ? » de détourner une exposition sur la Place royale à Nantes. L’équilibre des pouvoirs et des contre-pouvoirs est plutôt musclé aujourd’hui, mais on rit encore. On a beaucoup pleuré, certes, mais on rit encore !

quentin faucompréQuentin Faucompré, dessinateur, auteur, éditeur (Grand Hôtel Orbis, Mets la gomme, L’Armée noire) a publié L’oraison des orifices (le dernier cri, 2003), La sixième pomme (MeMo, 2004), Hunting, fishing, nature and traditions (les requins marteaux, 2006), Ping-pong kermesse (le dernier cri, 2013), La mauvaise habitude d’être soi (avec Martin Page, L’Olivier, 2010), Sagrado corazon (Joca Seria, 2015). Il aime la mise en scène, les performances dans l’espace public et est également membre de la Fédération officielle de catch de dessinateurs à moustaches. Prix Grandville de l’Humour noir 2013 pour le Tarot de Mars.

Loïc Sécheresse est illustrateur pour la presse, la publicité et l’éloic secheresse.jpgdition. Il est aussi dessinateur bd et a publié les albums Raiju et Raiden (avec Stéphane Melchior, Bayou, 2008 et 2009), Hécate et Belzébuth (avec Stéphane Melchior, Manolosanctis, 2011), Heavy Metal (Bayou, 20013), Love & Kick boxing (Warum, 2014), Mort de LOL (Steinkis, 2015), Ys (avec Annaïg, Delcourt, 2018). Il collabore à des revues et collectifs comme Professeur Cyclope, La Revue dessinée, Axolot, Les Autres Gens, Doggy Bags et a pris part en 2017 au projet “Battre la campagne”, lancé conjointement par Mediapart”, La Revue Dessinée et ARTE.

 

« Deux ans d’enquête dans une France qui n’est pas en marche ». Rencontre avec Vincent jarousseau.

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 136 vendredi 20 décembre 2019, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Vincent Jarousseau, photographe-documentariste, auteur de L’Illusion Nationale et de Les racines de la colère (éditions Les Arènes).

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Vincent Jarousseau est allé à la rencontre des habitants et des élus de villes gérées par le RN : Hayange (Fabien Engelmann), Beaucaire (Julien Sanchez), Henin-Beaumont (Steeve Briois) et en a tiré un livre : L’Illusion nationale. Partout, les méthodes sont les mêmes : discriminations, entraves à la liberté d’expression, incivilités règlent l’ordinaire de la vie municipale. Ces villes, tout comme Denain dans Les Racines de la colère, sont des villes sinistrées où les plus vulnérables survivent comme ils peuvent. Comme il semble facile, avec ces exemples que Vincent Jarousseau nous met sous les yeux, de se faire élire en prêchant le repli sur soi et la haine de l’étranger d’où viendraient tous les maux, en réduisant le plus possible les échanges démocratiques pour leur préférer le culte de la personnalité du chef et une opposition muselée ! Comment notre démocratie peut-elle s’accommoder des ces territoires en déréliction ? En les rendant invisibles ? C’est compter sans les photographes.