La Tunisie en transition : Espoirs et inquiétudes de l’après-révolution ou la singularité tunisienne

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 124 vendredi  19 octobre2018, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Sophie Bessis, animée par Pierre Daguet.

  Que sont les printemps arabes devenus ? Actuellement, la Tunisie semble à la croisée des chemins : s’engage-t-elle réellement dans la voie d’une construction démocratique, ou les contraintes intérieures et extérieures empêchent-elles sa mutation politique ? Après avoir passé en revue les principaux obstacles  à la construction d’une démocratie politique et sociale dans ce pays atypique du monde arabe, on essaiera de comprendre pourquoi sa trajectoire diffère autant de celle de ses voisins et pourquoi cette différence représente un espoir pour l’avenir.

BESSIS-SophieHistorienne et journaliste franco-tunisienne, Sophie Bessis est chercheuse associée à l’IRIS, secrétaire générale adjointe de la FIDH et consultante pour l’Unesco et l’Unicef. Ancienne rédactrice en chef à Jeune Afrique, elle est l’auteure, notamment, de La double impasse (2014, La Découverte), Les arabes, les femmes, la liberté (2007, Albin Michel), Les Valeureuses : cinq Tunisiennes dans l’histoire (2017, Elyzad).

 

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La longue démarche de Josette Audin a enfin abouti.

Jean-Pierre Landais a ouvert le premier Huma-Café® de la saison en revenant sur le long combat de Josette Audin, à qui l’état français vient de demander officiellement pardon pour l’assassinat de Maurice Audin à Alger en 1957. Voici le texte de sa communication :

Maurice Audin par ernest pignon ernest

En 2005, L’Huma-café® programmait une séance historique  en réunissant :

– Simone de Bollardière, veuve du Général Jacques de Bollardière, né à Châteaubriant, qui s’élève au printemps 1957 contre la pratique de la torture. Il démissionne de l’armée au moment du putsch des généraux (avril 1961) et devient une figure de proue de la non-violence.

– 3 anciens séminaristes, confrontés à une sale guerre. Rappelés en 1956, ils rédigent à leur retour des « Documents sur l’Algérie », dénonçant les dérives de la « pacification ». Leur texte, étouffé, ignoré, méprisé, ne ressurgit de l’ombre que près de 45 ans plus tard.

– Charles Silvestre qui avait coordonné l’écriture et la publication du texte collectif intitulé « La torture aux aveux ».

Un très grand moment de dialogue et d’émotion.

Juin 1957, je vais avoir 18 ans, mais je ne sais rien de Maurice Audin.

Je ne sais pas que ce brillant mathématicien, membre du PARTI COMMUNISTE ALGERIEN, interdit en 1955, qui a 24 ans, a été enlevé par les paras, puis torturé et assassiné, et que son corps ne sera jamais retrouvé.

Je ne sais pas qu’une jeune femme, fluette, mère de 2 jeunes enfants, va se lancer dans une démarche éperdue : exiger des autorités de savoir ce qu’est devenu son mari.

Je ne le sais pas parce que la presse dans son ensemble ne fait pas état de cette affaire ni des instructions données aux militaires dans la chasse aux terroristes ou aux traîtres.

Je ne sais pas que le mot interpellation/arrestation égale bien souvent détention qui égale interrogatoire « poussé » puis égale élimination puis égale enfin disparition matérielle de toute trace.

Je ne sais pas que de tels ordres sont édictés en clair jusqu’aux échelons supérieurs de la hiérarchie mais qu’ils restent dissimulés aux échelons inférieurs à qui ne sont transmis que des ordres oraux par radio ou téléphone qui ne laissent aucune trace.

Je ne le sais pas parce que, si j’écoute « Salut les copains », je ne lis pas les journaux ou les revues de l’époque :

– L’HUMANITE qui évoque la disparition de Maurice Audin le 4 juillet, puis en première page le 13 Août et rapporte la lettre de Jacques Duclos à Bourgès-Maunoury alors président du Conseil, qui pose la question « Qu’est devenu Maurice Audin ? »

– OUEST-FRANCE, qui parle des exactions commises sur les populations,

– ESPRIT, FRANCE OBSERVATEUR, L’EXPRESS, TEMOIGNAGE CHRETIEN ni les publications des éditeurs Jérôme LINDON et François MASPERO.

Imaginez alors le cran, l’audace, l’énergie, le courage de Josette, adjointe d’enseignement au Lycée Gautier d’Alger qui va porter plainte contre X pour homicide volontaire.

Imaginez le réseau de soutien qui se constitue autour d’elle et qui deviendra le Comité Audin (il y en aura 2) auquel participent de grands intellectuels.

Mais en 1959 j’ai 20 ans, je suis étudiant à Rennes, je milite pour la Paix en Algérie, nos manifestations sont sévèrement réprimées, le journal L’Humanité est censuré ou saisi à de multiples reprises, je sais donc, parce que c’est une préoccupation pour nous, que :

  • à la demande des avocats de Mme Audin, l’instruction est transférée à Rennes en avril 1959,
  • elle n’est pas terminée à la fin de la guerre (mars 1962).

En avril 1962 un non-lieu sera prononcé, pour insuffisance de charges.

Il faut savoir alors que le décret du 22 mars 1962 amnistie « les faits commis dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre dirigées contre l’insurrection algérienne ».

Au pourvoi formulé par les avocats de Josette Audin, en 1966, la Cour de cassation répond que les faits allégués par la partie civile sont amnistiés par une loi du 17 juin de cette même année.

En 1985, une autre loi d’amnistie réhabilite les officiers putschistes et le réintègre dans l’armée.

Ironie ou double langage, cette loi y associe ceux qui se sont opposés au putsch. De Bollardière refuse la mesure.

Quand le général Aussaresses  reconnaît avoir ordonné au lieutenant Charbonnier d’interroger Maurice Audin, Josette Audin dépose une plainte pour séquestration et crime contre l’humanité.

De nouveau, un non-lieu est prononcé .

Aujourd’hui, la longue démarche de Josette AUDIN a enfin abouti. C’est aussi une étape dans le long combat du journal L’Humanité.

Ni Jacques Chirac ni Lionel Jospin n’avaient pris au sérieux « L’Appel des Douze ».

A leur suite, Nicolas Sarkozy avait été méprisant, ne répondant même pas à la lettre que Josette Audin lui avait adressée en 2007.

Mais en 2012, François Hollande se rend à Alger devant la stèle érigée à Maurice Audin, il fait lancer des recherches au Ministère de la Défense sur les circonstances de sa mort.

Puis, en 2014, le même François Hollande, dans un message adressé à l’occasion du prix de mathématiques Maurice-Audin, reconnaît officiellement pour la première fois au nom de l’État français que Maurice Audin ne s’est pas évadé, qu’il est mort en détention, comme, explique-t-il, les témoignages et documents disponibles l’établissent.

En 2018, L’Humanité rend publique la lettre ouverte au Président de la République signée par une cinquantaine de personnalités, demandant la reconnaissance officielle des sévices subis par Maurice Audin et de son assassinat par l’armée française.

Nous connaissons la suite qu’a donnée Emmanuel Macron à la mobilisation conjuguée de Cédric Villani député LREM et de Sébastien Jumel député PCF et nous nous en réjouissons tous.

Le PARDON D’ÉTAT que prononce le Président de la République est celui qui reconnaît et conforte la contribution des historiens qui, depuis des années, apportent les preuves de cette douloureuse réalité.

Il dépasse largement l’amnistie de la guerre d’Algérie ou au moins sa phase d’amnistie pénale qui avait accompagné un moment de transition majeure de l’histoire des Français.

Si se délivrer, psychologiquement, d’un passé pesant est toujours nécessaire et utile, le pardon d’Etat est bien autre chose qu’un désarmement momentané du conflit national, n’en déplaise à Eric Zemmour et à tous ceux qui vont aboyer avec lui.

Rappelons-nous cependant, que si Maurice Audin a été assassiné, c’est bien parce qu’il était un militant de la cause algérienne.

Ni la compassion, ni le soulagement qui sont les nôtres, ne doivent occulter cette vérité.

L’affaire Audin a été le « front primordial » dans la lutte anticoloniale, « une sorte d’étendard », comme le souligne Alain Ruscio.

Car c’est pour ces idées-là, ne l’oublions pas, qu’il est mort, il y a 61 ans !

Au-delà du pardon d’état qui ouvre d’autres perspectives, à nous tous de faire en sorte que le sens du combat de Maurice AUDIN ne soit pas écrasé par le poids du monument qu’on lui élève.

Je vous remercie d’observer quelques secondes de silence en sa mémoire et en soutien à ses proches.

1958 : guerre coloniale, putsch et Cinquième République.

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 123 vendredi  21 septembre 2018, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Gilles Thévenon, animée par Pierre Daguet.

Il y a 60 ans, alors que la France poursuit la guerre en Algérie, des menées putschistes vont ébranler l’édifice institutionnel et porter au pouvoir Charles de Gaulle. Immédiatement, celui-ci obtient du Parlement de faire procéder à la rédaction d’une nouvelle constitution, qui sera approuvée par référendum à presque 80%, et promulguée en octobre. Cette constitution, rédigée sans passer par le travail d’une assemblée constituante, a dès ses débuts connu une vive opposition, notamment quant au poids important accordé à l’exécutif, ainsi qu’au rôle prépondérant du président. Alors qu’une nouvelle réforme constitutionnelle se prépare, nous reviendrons aux origines de la Cinquième République.

gilles thevenonHistorien diplômé de l’IEP de Lyon, diplômé d’études approfondies en sociologie électorale, Gilles Thévenon est maître-assistant de la Faculté de droit et à la Faculté de Lettres modernes de l’université catholique de Lyon (UCLy). Il est l’auteur de trois livres aux éditions Chronique sociale : Histoire des Constitutions. Vie politique française 1789 à 1958 ; La Cinquième République. Vie politique française ; Les partis politiques. Vie politique française.

Journalisme et société numérique

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 122 vendredi  15 juin 2018, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Jean-Emmanuel Ducoin, animée par Vincent Magré.

Beaucoup de journaux sont passés à la version en ligne : mais y ont-ils gardé leur âme ? Sur le Net, ils ont en effet développé des méthodes nouvelles dans l’élaboration et dans la circulation de l’information, méthodes issues de l’industrie de la communication, d’une part, et des pratiques des internautes, d’autre part, dont les chaînes de télévision s’arrachent les vidéos prises en direct au seul motif qu’elles ont été captées au bon moment. Informer, vous avez dit ? Oui, mais quand la Com’ fait son lobbying et que les seules sources sont des cabinets d’experts ? Quand il faut livrer vite, privilégier le direct, sans ce recul qui fait tout le journalisme ? Quand l’argent se fait rare ? Peu de journaux, papier ou numériques, sont capables de faire entendre une voix qui nous permette de débattre. Internet, pourtant, pourrait offrir des possibilités énormes à la presse écrite. Pour le moment, il les vend, cher.

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Chef adjoint du service politique-économie-social de L’Humanité en 1997, J-E Ducoin est nommé rédacteur en chef exécutif, en 1999, et devient l’un des deux rédacteurs en chef, avec Pierre Laurent, chargés de rénover le journal de Jean Jaurès, avec l’ambition de « remettre l’écrit au centre du journal ». Depuis 2003, il publie un bloc-notes hebdomadaire. En mars 2006, il lance les pages « L’Humanité des débats », qui connaissent un grand succès auprès des lecteurs. Il est également l’auteur d’un blog intitulé « La roue tourne ». Il est secrétaire national de la Société des Amis de L’Humanité.

Lu dans L’Humanité : « La dette, outil d’asservissement. »

Par Marie-Laure Coulmin-Koutsaftis, Jeudi 7 Décembre 2017.

Éric Toussaint, Le Système Dette, Les Liens qui libèrent, 220 pages, 19,50 euros

le systeme detteLe Système Dette

Dès le XIXe siècle, les puissances du Nord ont condamné les jeunes États endettés à un sous-développement endémique en imposant des traités de libre-échange à l’Amérique latine, l’Égypte ou la Turquie, en instaurant des commissions du remboursement de la dette en Turquie, en Tunisie et en Grèce, au détriment des productions nationales. Complices, les élites locales se sont enrichies par l’achat d’obligations souveraines dévaluées, tout en favorisant l’endettement extérieur plutôt que de contribuer par l’impôt. Les grandes puissances soutiennent alors des régimes locaux corrompus et coercitifs pour dégager les excédents destinés au remboursement. Impôts, récoltes confisquées, monopoles à bas prix sur les matières premières et les produits de première nécessité imposent aux peuples saignés à blanc une véritable servitude par la dette, au moyen de « plans d’ajustement ». Une méthode reprise plus tard par le FMI et la Banque mondiale.

Devant les cessations de paiement dues à ces politiques prédatrices, les grandes puissances ont mené des guerres de conquête en prétextant le remboursement des emprunts souverains dû à leurs banquiers privés. Ainsi, le « Système Dette » se révèle comme la clé de l’histoire des dominations et de l’impérialisme. Mais la dette sert aussi à exploiter la naïveté des peuples du Nord, avec l’aval de leurs dirigeants. L’emprunt russe réfuté dès 1918 par les Soviétiques a dégagé des profits au détriment des petits porteurs jusqu’en 1927. La collusion États-finance-médias a entraîné les peuples dans un cycle infernal de la dette et de la faillite, jusqu’aux deux conflits mondiaux du XXe siècle. De nos jours, dans le processus néocolonialiste de la mondialisation, la dette publique justifie l’aliénation des peuples périphériques et, désormais, des peuples du Nord par la destruction de l’État providence et la précarité qu’entraînent les mesures d’austérité budgétaire. Or, selon le théoricien de la dette odieuse Alexander Sack, une dette souveraine devient odieuse quand l’usage des fonds prêtés est contraire aux intérêts de la population de tout ou partie du territoire, et quand les créanciers en sont prévenus, les répudiations menées par les États-Unis, le Portugal et l’URSS en établissent la jurisprudence. Toussaint démontre le caractère odieux des dettes contractées dans le cadre de « plans d’aide » et conditionnées par des politiques d’ajustement structurel, en Afrique ou en Grèce, qui bafouent les droits humains élémentaires et le droit international sur les traités. Enfin, le livre décrit les annulations unilatérales de dette en insistant sur les répudiations victorieuses : l’URSS, le Mexique, Cuba sont sortis de la spirale d’endettement et ont retrouvé le contrôle de leur politique en accédant très vite à l’emprunt souverain. Au passage, les « démocraties occidentales » et les organismes internationaux qu’elles ont mis en place, Banque mondiale, OCDE et FMI, se révèlent directement liés aux grands organismes financiers privés.

Accessible au grand public, cet ouvrage éclaire l’histoire des pays de la périphérie à la lumière de l’exploitation de leurs dettes extérieures par les puissances occidentales alliées au capitalisme financier.

À propos de la Grèce

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 121 vendredi  18 mai 2018, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Marie-Laure Coulmin-Koutsaftis, animée par Vincent Charbonnier.

La Grèce est riche, depuis les années 40, d’une impressionnante collection de baillons et de menottes  : des allemandes, des anglaises, des russes… Elles soumirent les Grecs, quand ceux-ci n’étaient pas en guerre entre eux. Trois guerres civiles  ! Les tigres se sont disputé férocement cette terre illustre à la croisée des routes commerciales les plus stratégiques dans ce coin de la planète. Aujourd’hui les méthodes ont changé. On associe les victimes à leur destin de victimes. Il faut qu’elles signent des accords et qu’elles engagent elles-mêmes bien des sacrifices. Pour entrer dans l’Union Européenne, la Grèce a dû encore se soumettre à l’austérité imposée par le FMI et tous les créanciers. La dette est lourde, très lourde, trop lourde. En 2015, la résistance s’organise et parvient à créer une Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque au parlement. Ses conclusions, très dérangeantes, sont enterrées, et Alexis Tsipras doit courber la tête. Où en est le pays aujourd’hui  ? Des menottes au garrot financier, qu’a-t-il gagné  ? Que peut-il espérer encore  ? Et nous tous, qui suivons son exemple  ?

MLCK

Notre invitée : Marie-Laure Coulmin-Koutsaftis vit et travaille en Grèce. Elle a intégré, en janvier 2018, l’équipe des permanents du CADTM – Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes, anciennement Comité pour l’annulation des Dettes du Tiers-Monde. Elle est aussi journaliste à L’Humanité.

Égalité F/H et Management

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 120 vendredi 20 avril 2018, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Sophie Binet, animée par Vincent Charbonnier.

 Dans la multitude des données objectives sur les rapports d’inégalité femmes-hommes au travail, nous en citerons deux, largement significatives : 26% d’écart moyen dans les rémunérations entre les femmes et les hommes ; 82% des salarié·es à temps partiel sont des femmes. Il y a plus cependant. Ce sont les violences faites aux femmes dans le cadre professionnel, qui commencent à s’émanciper du boisseau sous lequel elles ont été tenues. À nouveau, deux chiffres pour l’illustrer : 20% des femmes victimes de harcèlement sexuel au travail et 170 viols ou tentatives de viol par jour dont 8 sur le lieu de travail. Ces chiffres, tout à fait officiels, sont issus d’une enquête du ministère du travail. Depuis l’« affaire Weinstein » aux USA, la sphère publique et médiatique bruisse d’un mouvement inédit de dénonciation des violences sexuelles et sexistes à l’encontre des femmes avec le hashtag #MeToo. Le mouvement syndical s’est également emparé de la question. La CGT vient notamment de lancer un site internet sur la question (http://www.egalite-professionnelle.cgt.fr/). Nous en débattons avec Sophie Binet.

s binetNotre invitée : Sophie Binet est dirigeante confédérale de la CGT, où elle est chargée de l’égalité femmes/hommes. Elle est aussi co-secrétaire générale de l’UGICT-CGT, qui intervient notamment sur le droit à la déconnexion, les lanceurs d’alerte et le management. Elle est conseillère principale d’éducation et a exercé en lycée professionnel au Blanc Mesnil (93) et à Marseille