« Un féminisme décolonial »

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 139 vendredi 20 mars 2020, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Françoise Vergès, politologue.

francoise-vergesPourquoi le terme « féministe » est-il librement approprié à la fois par l’extrême droite, la gauche et le capitalisme néolibéral ? Comment mettre l’antiracisme, l’anticapitalisme et l’anti-impérialisme au cœur des luttes des femmes ? Que signifient les droits des femmes dans un contexte d’accroissement des inégalités et de la vulnérabilité ?

Deux récits médiatiques dominent l’histoire du mouvement des femmes des années 1970 en France. L’un aurait mené à une reconnaissance de la place des femmes françaises dans la république, avec ses valeurs de laïcité et d’égalité. L’autre dénonce un mouvement exclusivement « blanc », essentiellement intéressé par la liberté sexuelle, passant sous silence les féminismes radicaux et anti-coloniaux, antiracistes et anti-impérialistes des années 1970, et faisant de l’intégration des femmes dans le monde du travail la mesure du progrès. Or, les luttes des femmes des sociétés post-coloniales françaises rejoignent les luttes des femmes esclavagisées et colonisées, et les grèves d’ouvrières racisées qui font le ménage dans les hôtels ou dans les gares, ces dernières années, appellent de nouvelles analyses féministes de la question du travail « féminin ».

Après une année de puissante colère, où en est l’Algérie ?

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 138 vendredi 14 février 2020, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Rosa Moussaoui, grand reporter à L’Humanité.

« Alors que le Hirak doit souffler le 22 février prochain sa première bougie, le mouvement de contestation confirme son ancrage en Algérie, après l’élection présidentielle largement boycottée qui a porté Abdelmadjid Tebboune au pouvoir. Vendredi, encore, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues des grandes villes du pays, exigeant toujours le démantèlement du « système », la primauté du pouvoir civil sur le pouvoir militaire, la libération de tous les détenus politiques et d’opinion.

Par-delà l’exigence démocratique et la colère contre la corruption et la dilapidation des ressources du pays, le mouvement populaire cultive aussi une dimension sociale centrale : il est porté par la jeunesse des classes populaires qui exige du travail, des services publics, une vie digne… »

rosa moussaouiRosa Moussaoui, grand reporter à L’Humanité, viendra nous donner quelques clés et répondre à nos questions sur ce sujet brûlant, notamment sur le désir de « seconde indépendance », formule qui met en évidence le parallèle que peuvent vivre en ce moment les populations algériennes d’avec celles que les générations précédentes ont vécues sous domination française.

 

« Charlie Hebdo : Cinq ans après… »

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 137 vendredi 17 janvier 2020, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Quentin faucompré, auteur et éditeur, et Loïc Sécheresse, auteur bd et illustrateur pour la presse.

L’humour est-il devenu un sport de combat ? Cinq ans après les attentats contre Charlie Hebdo, cinq ans après les douze meurtres et les onze blessés, peut-on analyser ce qui a changé dans l’expression et la réception de la satire, de la critique humoristique des pouvoirs ? Les journaux iconoclastes paraissent encore, les caricatures circulent encore dans l’espace public, l’insoumission demeure visible. Mais le monde dans lequel cette critique s’exprime a-t-il encore le sens de l’humour ? La violence gagne dans les réponses actuelles à toutes les formes de contestation sociale. On arrête par exemple des manifestants brandissant un homard géant après l’affaire de Rugy… mais on ne peut décemment pas interdire aux affichettes « Où est Steve ? » de détourner une exposition sur la Place royale à Nantes. L’équilibre des pouvoirs et des contre-pouvoirs est plutôt musclé aujourd’hui, mais on rit encore. On a beaucoup pleuré, certes, mais on rit encore !

quentin faucompréQuentin Faucompré, dessinateur, auteur, éditeur (Grand Hôtel Orbis, Mets la gomme, L’Armée noire) a publié L’oraison des orifices (le dernier cri, 2003), La sixième pomme (MeMo, 2004), Hunting, fishing, nature and traditions (les requins marteaux, 2006), Ping-pong kermesse (le dernier cri, 2013), La mauvaise habitude d’être soi (avec Martin Page, L’Olivier, 2010), Sagrado corazon (Joca Seria, 2015). Il aime la mise en scène, les performances dans l’espace public et est également membre de la Fédération officielle de catch de dessinateurs à moustaches. Prix Grandville de l’Humour noir 2013 pour le Tarot de Mars.

Loïc Sécheresse est illustrateur pour la presse, la publicité et l’éloic secheresse.jpgdition. Il est aussi dessinateur bd et a publié les albums Raiju et Raiden (avec Stéphane Melchior, Bayou, 2008 et 2009), Hécate et Belzébuth (avec Stéphane Melchior, Manolosanctis, 2011), Heavy Metal (Bayou, 20013), Love & Kick boxing (Warum, 2014), Mort de LOL (Steinkis, 2015), Ys (avec Annaïg, Delcourt, 2018). Il collabore à des revues et collectifs comme Professeur Cyclope, La Revue dessinée, Axolot, Les Autres Gens, Doggy Bags et a pris part en 2017 au projet “Battre la campagne”, lancé conjointement par Mediapart”, La Revue Dessinée et ARTE.

 

« Deux ans d’enquête dans une France qui n’est pas en marche ». Rencontre avec Vincent jarousseau.

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 136 vendredi 20 décembre 2019, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Vincent Jarousseau, photographe-documentariste, auteur de L’Illusion Nationale et de Les racines de la colère (éditions Les Arènes).

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Vincent Jarousseau est allé à la rencontre des habitants et des élus de villes gérées par le RN : Hayange (Fabien Engelmann), Beaucaire (Julien Sanchez), Henin-Beaumont (Steeve Briois) et en a tiré un livre : L’Illusion nationale. Partout, les méthodes sont les mêmes : discriminations, entraves à la liberté d’expression, incivilités règlent l’ordinaire de la vie municipale. Ces villes, tout comme Denain dans Les Racines de la colère, sont des villes sinistrées où les plus vulnérables survivent comme ils peuvent. Comme il semble facile, avec ces exemples que Vincent Jarousseau nous met sous les yeux, de se faire élire en prêchant le repli sur soi et la haine de l’étranger d’où viendraient tous les maux, en réduisant le plus possible les échanges démocratiques pour leur préférer le culte de la personnalité du chef et une opposition muselée ! Comment notre démocratie peut-elle s’accommoder des ces territoires en déréliction ? En les rendant invisibles ? C’est compter sans les photographes.

 

Mouvements sociaux et théorie politique : à quand la réconciliation ?

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 135 vendredi 15 novembre 2019, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Isabelle Garo, enseignante (Philosophie), coordonnatrice de la Grande Édition de Marx et Engels en français (GEME, Éditions Sociales).

Isabelle Garo

Les mouvements sociaux sont vigoureux, mais sporadiques. Sur le plan politique, la gauche est divisée et peine à porter un projet alternatif clair et cohérent. Si aujourd’hui la critique marxiste du capitalisme est plus que jamais féconde du côté de la philosophie mais aussi des sciences sociales – preuve d’un retour, relatif mais réel, de la thématique communiste – son action politique, en revanche, ne bénéficie pas du même regain d’intérêt. Cette reviviscence partielle de la question communiste sur le terrain théorique témoigne d’une recherche croissante d’alternatives aux dégâts colossaux du capitalisme contemporain. Comment combiner alors la réflexion collective et la construction effective de telles alternatives, à partir des conditions existantes ?

« Ce que parler veut dire » – Derrière les rouages du langage.

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 134 vendredi 11 Octobre 2019, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut).  Rencontre avec Patricia Latour et Francis Combes.

Chaque jeudi, les lecteurs de L’Humanité peuvent apprécier la réjouissante chronique de Patricia Latour et de Francis Combes. À partir de quelque expression ou formule empruntée à l’air du temps, de quelque mot nouveau soudain devenu indispensable, nos deux chroniqueurs apportent une véritable réflexion sur la langue telle qu’elle se parle, ici, là, ailleurs. Ces deux ciseleurs de phrases pratiquent la langue de romans en poèmes, pour bien en connaître les richesses, et ce qu’elle dit de nous-mêmes. Leur chronique hebdomadaire fait le portrait du monde qui nous entoure, tel qu’il va ou ne va pas, avec ce qu’il faut de décalage, toujours amusé, parfois cruel.

ARAGON et la CHANSON, rencontre avec Bernard Vasseur.

le-lieu-uniqueHuma-café® numéro 133 vendredi 20 Septembre 2019, à 18h, au Lieu Unique (Foyer haut). Rencontre avec Bernard Vasseur, animée par Jean-Pierre Landais.

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Aragon n’a jamais voulu écrire de chansons, mais sa passion pour la musique populaire, le jazz, les flons-flons et le Music-Hall a attiré l’engouement des chanteurs et des compositeurs, qu’il a toujours laissé entièrement libres dans leurs adaptations. Ainsi, près de 200 de ses poèmes ont été mis en musique et popularisés, réalisant le mariage inouï entre une poésie passionnément vouée à être lue, telle une partition en attente d’instruments, et des mélodies, d’instinct fredonnées par toutes et tous et irrémédiablement liées à l’univers et à l’histoire du poète. De Dominique A à San Severino, en passant par le trio magique Brassens-Ferrat-Ferré, les poèmes d’Aragon mis en musique ont tourné, tournent et tourneront encore inlassablement, de microsillons en CD et de CD en streaming…

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Rencontre avec Bernard VASSEUR, ancien Directeur de la Maison Triolet-Aragon au Moulin de Villeneuve, dernière demeure du couple mythique, devenue Centre artistique et culturel. Sa longue intimité avec l’univers des deux auteurs fait de lui un conférencier disert et passionnant.

 

 

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Louis Aragon et Elsa Triolet© Pablo Volta

Au Moulin de Villeneuve, datant du XIIème siècle et inscrit sur la liste des Monuments Historiques, vestiges de l’activité meunière, objets du couple et œuvres des artistes amis créent une atmosphère chaleureuse et unique. C’est là que furent écrites quelques-unes des plus belles pages de la littérature française. C’est Elsa qui pensa et décida la décoration du moulin, l’ameublement, les couleurs et tapis, photographies et icônes…

Cette maison d’écrivains affirme aujourd’hui une triple vocation : lieu de mémoire avec l’appartement-musée et le tombeau des deux écrivains ; lieu de recherche avec une bibliothèque de 30 000 volumes ; lieu de soutien à la création artistique contemporaine.

Expositions (peinture, sculpture, photographie…), rencontres et spectacles musicaux y ont lieu toute l’année. La programmation de la Maison Elsa Triolet– Aragon a pour objectif de faire vivre ce lieu mythique et donner libre cours à la création contemporaine. Elle vous attend !

Philosophe, Bernard Vasseur sait aussi aborder l’œuvre de Marx avec pédagogie et simplicité, en dehors des sentiers battus. Derniers ouvrages politiques parus : La Démocratie anesthésiée – Éditions de l’Atelier ; Avec Marx. Penser et Agir aujourd’hui – Éditions PCF 93. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux arts (Rodin, La ville et les artistes, Erro, Baselitz, Klasen…) aux Éditions Cercle d’Art.